Les robots d'assistance au service des personnes âgées dépendantes

 

Sous l’effet de l’évolution de l’espérance de vie, la population française vit plus longtemps. Face à ce papyboom, la France compte un nombre de personnes âgées de plus en plus important. En 2015, 15,5 millions de personnes ont entre 60 et 74 ans et 9,3 millions de personnes dépassent l'âge de 75 ans. Les projections de l'Insee inquiètent l'État français car il se pose la question du financement. Ces personnes souffrent de nombreuses pathologies liées à la vieillesse et nécessitent des soins spécifiques et une aide quotidienne.

En 2015 1,3 millions de personnes âgées sont atteintes de la dépendance. Elles sont donc incapables de réaliser toutes seules les actes essentiels de la vie quotidienne : se laver, s’alimenter, se déplacer, s’habiller/se déshabiller, se lever/s’assoir. Generali France indique que 2/3 des Français ont une personne dépendante dans leur entourage. Or, s'occuper d’une personne âgée souffrant d’une perte d’autonomie prend en moyenne 5 heures et demi par jour, un investissement énorme et quasi impossible pour une personne travaillant à plein temps ...

Les dépenses liées à la perte d’autonomie sont considérables, parfois même ingérables. Au minimum, la dépendance coûte 2200 euros par mois et les aides publiques sont minimales par rapport aux coûts réels. Comment prendre en charge la dépendance ?

L’assurance dépendance, la solution traditionnelle

À ce jour, le contrat de prévoyance reste la solution, la plus adaptée pour se protéger contre les conséquences financières de la perte d’autonomie. En échange d’une cotisation d’environ 80 euros par mois, la personne atteinte de la dépendance pourra bénéficier d’une rente mensuelle à vie à la hauteur de 500 euros (somme minimale, si le contrat répond aux critères du label GAD), de services d’assistance et bien souvent du versement d’un capital aménagement, sans délais, afin d’adapter le logement en fonction du niveau de la dépendance.

Le Japon et la Chine réagissent de manière plus innovante : la robotique humanoïde. Les robots d'asistance sont conditionnés de telle façon qu’ils répondent de manière quasi instinctive aux besoins des personnes âgées dépendantes. Ils remplissent trois fonctions primordiales :

  • Assistance au personnel des établissements spécialisés: face au manque de personnel dans les EHPAD, les robots d'assistance s’ajoutent aux soignants. Ainsi, les coûts du personnel sont baissés et les personnes en besoin reçoivent plus d’aide. Roméo, un robot construit par la société française Aldebaran Robotics est mis en service dans les établissements hospitalisés.
  • Aider les personnes âgées dépendantes à domicile : une personne âgée dépendante restant chez elle nécessite des prestations d’assistance par un service professionnel. Les robots de service favorisent le maintien à domicile et aide dans la réalisation des actes élémentaires, hygiène corporelle, alimentation, mobilité, tâches ménagères, courses, rappel de prise de médicaments.
  • Soutenir la personne moralement : la robotique ne cesse de se développer et devient de plus en plus sophistiquée. Les robots sont capables de fournir une aide de nature physique mais jouent également un rôle social même thérapeutique. Certains robots sont construits tel qu’ils puissent favoriser le développement de la communication. Grâce à une base de données d’une centaine de dialogues, ils peuvent discuter et interagir en fonction des répliques de leur entourage, tels les robots d'assistance Paro et Matilda. Le robot prend donc le rôle de compagnon psychologique qui encourage la personne à sortir de ses états de dépression, de solitude et d’isolement.

La robotique, la solution technologique

Ce marché semble très prometteur, il est dit de peser 1 à 2,5 milliards d’euros en 2018. Les robots d'assistance et leurs capacités ne cessent d’évoluer. Soit ils remplissent une fonction d’aide physique, soit une fonction de soutien moral. Certains robots peuvent détecter tout acte anormale, par exemple une chute et peuvent réagir instantanément. Par téléalarme, ils sont capables d’alerter les proches. Twendy-One peut par exemple soulever une personne. D’autres robots comprennent le langage de signes et sont capables d’enregistrer des commandes, tel Asimo. Budd peut reconnaître les médicaments et Mamoru rappelle la prise des médicaments. Ces robots d'assistancesont à destination des personnes souffrant de troubles de mémoire. Paro, le robot bébé phoque japonais a été mis en service pour les personnes souffrant de la maladie d’Alzheimer et a permis des progrès prodigieux.

En France, on parle de la Silveréconomie. C'est l'ensemble des projets et produits industriels développés au service des personnes âgées dépendantes. Retrouvez toutes les actualités, produits et services de la Silver économie et du bien-vieillir sur Silvereco.fr

mascot_01_v01Japan Robot Association, l’association des entreprises industrielles dans le domaine de la robotique annonce qu’en 2025, la robotique de service occupera 80 % du marché mondial de la robotique générale. Selon l’International Federation of Robotics, 14,4 millions robots d'assistance ont été vendus entre 2011 et 2014, soit un chiffre d’affaire de 5,4 milliards de dollars. Google, Toshiba, Intel et Microsoft se sont déjà positionnés dans le marché de la robotique.